Les équipes de Sarkozy se partageront entre le siège de l’UMP et le ministère de l’Intérieur. Mais le premier cercle rejoint le siège de campagne, rue d’Enghien, à Paris


dimanche 14 janvier 2007

Nicolas Sarkozy, qui va dévoiler aujourd’hui son équipe de campagne, est évidemment entouré depuis longtemps par de nombreux conseillers tant à son ministère qu’à l’UMP qu’il préside depuis novembre 2004. Il a donc fallu choisir entre les privilégiés, ceux qui se doperont à l’odeur de la poudre, au siège de campagne du 18, rue d’Enghien, dans le 10e arrondissement de Paris, et ceux qui resteront à l’arrière, rue La Boétie, au siège de l’UMP, ou Place Beauvau, au ministère de l’Intérieur.

Le premier cercle

Cécilia Sarkozy, une vraie people Elle ne figure pas dans l’organigramme du ministère et elle ira donc rue d’Enghien. Depuis son escapade de 2005 et son aventure avec le publicitaire Richard Attias, Cécilia est entrée dans la sphère des people, ceux qui font les couvertures de « Paris Match » sans avoir besoin de le demander. Elle conserve aujourd’hui toute son influence, comme en témoignent les initiés du premier cercle.

Brice Hortefeux, l’ami. le frère Brice Hortefeux, ministre délégué aux Collectivités locales, restera à son poste. L’ami, le frère qui est de tous les coups, et pas toujours les plus innocents, n’a pas besoin de déménager pour mesurer la confiance que Nicolas Sarkozy lui témoigne. Il ne manque ni d’humour ni d’aplomb.

Claude Guéant, le directeur de campagne La pièce maîtresse du dispositif va rester Claude Guéant, recruté en 2002 alors qu’il était préfet de Bretagne. A 62 ans, il va devenir directeur de campagne après avoir été directeur de cabinet à l’Intérieur en 2002, puis en 2005 et aussi à l’Economie et aux Finances de 2004 à 2005, où il fut le seul préfet à occuper ce poste.

Les Sarko Boys (and Girls)

Le service de presse devrait être confié à Franck Louvrier, 38 ans, un proche de toujours, qui était conseiller presse et communication à l’Intérieur et à l’UMP. C’est lui qui appliquait la stratégie selon laquelle l’UMP devait tout entière se mettre au service d’un seul homme, Nicolas Sarkozy. Il pourra désormais s’y consacrer sans le moindre complexe.

Les porte-parole devraient être Rachida Dati, une magistrate qui était conseillère pour la jeunesse Place Beauvau, à qui on doit la fin de l’occupation du gymnase de Cachan, et Xavier Bertrand, ministre de la Santé récemment converti au sarkozysme. Il en faut aussi. Les députés Valérie Pecresse (également porte-parole de l’UMP) et Luc Chatel les assisteront depuis le siège du parti, rue La Boétie.

Jérôme Peyrat Quelques personnalités capitales devraient rester rue La Boétie. Au premier rang, le Périgourdin Jérôme Peyrat, 45 ans, maire de Laroque-Gageac, ancien collaborateur de Jacques Chirac reconverti au sarkozysme, qui devrait former un binôme avec Cécilia.

Frédéric Lefebvre, le Perroquet lobbyiste Frédéric Lefebvre, 44 ans, surnommé Monsignore, qui fut un proche d’Alain Madelin et de Patrick Ollier, gère les réseaux parlementaires sarkozystes depuis 1993, ce qui lui donne un carnet d’adresses irremplaçable. Il est aussi actionnaire d’un puissant cabinet de lobbying, Perroquet Institutionnel Communication, qui a travaillé pour Altadis, les casinos Barrière, Suez ou les kinésithérapeutes.

Il ne faut pas oublier pour terminer Franck Tapiro (communication), auteur pour sa part du slogan « Imaginez la France d’après », Arnaud Dassier (Internet), fils du patron de LCI, et le chef de cabinet Laurent Solly, 36 ans, préfet hors cadre.

Mots et images : les experts

Henri Guaino pour les discours Pour les discours, Henri Guaino, 50 ans, et Emmanuelle Mignon, 37 ans, s’en chargeront. Le premier, qui fut un proche de Philippe Séguin, a été nourri aux mamelles du gaullisme social ; on lui doit une très nette inflexion dans l’expression du candidat qui était jugée trop libérale. Les patrons-voyous ou les références appuyées au Général dans les discours d’Agen et de Périgueux, c’est lui.

Emmanuelle Mignon, pourvoyeuse d’idées Emmanuelle Mignon, 37 ans, conseillère d’Etat qui vient de l’UMP, était connue des apparatchiks comme organisatrice des conventions et comme grande pourvoyeuse d’idées, un peu seule dans un monde presque exclusivement masculin.

Jean-Michel Goudard, le sens de la formule Pour boucler le dispositif, il fallait un trésorier, ce sera Eric Woerth, un juppéiste loyal et compétent. La communication sera confiée à François de La Brosse, qu’on a vu apparaître récemment et qui est l’inventeur du slogan « Tout devient possible avec Sarkozy ». Jean-Michel Goudard, 68 ans, un des fondateurs d’Euro-RSCG, travaillera avec lui.

Les élus-clés du dispositif

François Fillon, sénateur de la Sarthe devenu un chantre de la rupture quand il a été débarqué par Dominique de Villepin, devrait jouer un rôle éminent à ses côtés. Certains politiques qui ne figurent pas dans l’organigramme de campagne sont également importants : Patrick Devedjian, député des Hauts-de-Seine et artiste de la polémique ; Gérard Longuet, sénateur de la Meuse, dont les intuitions politiques sont parfois saisissantes, et Michel Barnier, gaulliste depuis l’adolescence, connu pour ses réseaux européens et internationaux.